Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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Les choses évoluent à Cuba. Le dernier bastion du communisme, pur et dur, rend les armes, à petits pas. Le Che aurait pu s’écrier : « Mais qu’avez-vous fait de la Révolution ? »Les touristes envahissent les plages et les investisseurs ne finissent pas d’étudier les opportunités offertes par l’ile.La loi du marché et la liberté d’entreprendre, en un mot, le capitalisme, sont en train de s’imposer dans le dernier bastion du « socialisme réel »Lors de sa réapparition sur la scène publique, quatre ans après la crise de santé qui l’a obligé à abandonner le pouvoir, Fidel Castro a déclaré que le modèle cubain ne fonctionnait plus pour l’ile. Silence embarrassé, puis démenti de l’intéressé. Il n’en ait pas moins vrai, que par petites touches, on abandonne l’omniprésence de l’Etat, au profit d’une économie privée, qui s’impose de plus en plus.

images-1 Dés son arrivé au pouvoir, Raül Castro avait annoncé des changements structurels et de conception dans le système économique de l’ile, bien qu’il se défendait d’abandonner le socialisme.En réalité, Cuba va résolument vers l’économie de marché, et l’ile est belle et bien en train de changer d’époque.Même la politique migratoire, ultra restrictive à laquelle la plupart des Cubains sont soumis, va prochainement être réformée par le parlement.On assiste à une véritable perestroïka, se traduisant par l’élargissement du secteur privé et une restriction drastique du secteur publique.

 Libéralisation progressive de l’économie, libération de prisonniers politiques, assouplissement de la politique migratoire, droit de circulation pour la diaspora cubaine, on assiste à un vrai Printemps cubain.Compte tenu des évolutions qui sont en train de changer la donne sur l’ile, les Etats-Unis, seraient bien inspirés à mettre fin à l’embargo qui frappe Cuba.Les développements sociaux, politiques et économiques à Cuba auront un impact en Amérique latine, et Washington a tout intérêt à accompagner le mouvement.

 Même le Vatican salue les changements en cours dans l’ile. La prochaine visite du Pape à Cuba n’est pas sans arrières pensées. Elle s’inscrit dans un retour autorisé à la spiritualité, un retour en force de l’Eglise chez la société civile, retour salué par le pouvoir en place, comme on peut le constater en Russie, depuis l’effondrement de l’ancienne URSS.« La venue de Benoit XVI est une grande nouvelle et sera un grand honneur pour tous les Cubains. L’annonce de sa venue est un grand bonheur et une grande joie pour tous les Cubains. » C’est le Président du Parlement cubain, Ricardo Alarcon, qui s’exprime ainsi.La première et unique visite papale à Cuba date de janvier 1998, Jean Paul II avait alors demandé la fin du blocus de l’ile.

 Cela devrait devenir, aujourd’hui, d’actualité. Nous devrions avoir une avancée décisive en la matière, après l’élection présidentielle aux Etats-Unis.