Chronique politique du vendredi matin des Matins luxe sur Luxe Radio

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C’est fait, la manœuvre, initiée à la fin de son deuxième mandat, s’est terminée, comme prévue, par l’élection de Vladimir Poutine à la Présidence de la Fédération Russe.Au pouvoir depuis douze ans, de retour officiellement à la première place, Poutine va-t-il pouvoir relever les défis majeurs qui se posent aujourd’hui à la Russie ?

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 La démocratisation en est le premier. Le Président élu, ne pourra pas éluder le toilettage qui s’impose, aujourd’hui, à l’exercice du pouvoir au Kremlin. Des citoyens de tout âge et de tout milieu, des jeunes formés et engagés professionnellement, sont convaincus que le temps des réformes est venu, et ils le disent bruyamment.La modernisation en profondeur des structures industrielles, la diversification de l’économie du pays s’imposent, car, encore aujourd’hui, la Russie souffre d’une économie de rente, confisquée par une élite. Cette économie reste peu productive, et sa compétitivité laisse à désirer.Le Kremlin a tout intérêt à développer les partenariats stratégiques, noués avec l’Union européenne et les Etats-Unis.Vladimir Poutine semble en être convaincu. N’a-t-il pas déclaré, tout récemment,  à la presse occidentale : « Nous ne voulons pas nous isoler»

 Mais qui est cet homme qui doit faire face à tous ces défis ? Qui est Poutine ? Dans un livre rare d’entretiens paru en l’an 2000, il explique : « On peut considérer que je suis le produit réussi de l’éducation patriotique de l’homme soviétique. » et pour la Russie, il ajoute : « La Russie, dès le début, s’est créée comme un Etat supercentralisé. C’est inscrit dans son code génétique, dans ses traditions, dans la mentalité de son peuple. »

 Ceci nous éclaire sur la façon dont Poutine entend gouverner, et sur sa volonté de remettre la Russie au centre des affaires du monde, en devenant un partenaire incontournable.Le soutien inconditionnel au régime d’Assad en Syrie, fait fi des critiques du monde arabe, de l’Union européenne et de l’Amérique.Il illustre son ambition d’influence dans le monde. Ce soutien, sans failles, à un régime qui tue ses citoyens et bombarde ses villes, s’explique par une volonté de préserver des intérêts stratégiques et économiques.En outre, Poutine reste allergique à tout ce qui pourrait donner un rôle stratégique à l’Otan. Il est vrai que le monde occidental est impuissant devant le drame du peuple syrien. Personne ne propose une alternative valable. Le problème des nombreuses et importantes minorités, les divisions au sein des insurgés et de leurs multiples chaines de commandements, font qu’il est difficile aux occidentaux de s’engager au delà d’un soutien diplomatique et humanitaire, pour le moment.

 Vladimir Poutine semble être devenu le dernier recours. Le nouveau Tsar de toutes les Russies, a surement une carte à jouer dans cette tragédie.