Chronique Politique du Vendredi Matin dans les Matins Luxe sur Luxe Radio


Homs, ville martyre d’une Syrie en proie aux affres d’une véritable guerre civile, ne finit pas de compter ses morts. L’ONU, de résolution en résolution, de véto en véto, ne peut que constater son incapacité à remplir son devoir de protéger les populations civiles. On est loin de cette ONU dont Dag Hammarskjöld disait qu’elle n’avait pas pour but de nous emmener au paradis, mais de nous protéger de l’enfer.  Le peuple syrien s’enfonce de jour en jour dans cet enfer, soulignant l’impuissance de cette organisation des nations dites unies ! Le double véto, russe et chinois, a montré les limites du plan arabe au sein du Conseil de sécurité. La Chine n’a fait que suivre la Russie à laquelle elle est liée par un accord d’aide mutuelle au sein du Conseil. La Russie quant à elle, à fleur de peau sur la question islamique, souverainiste opposée à toute ingérence, accrochée farouchement à la défense de son unique allié au Moyen-Orient, poursuit son rêve de grandeur rétablie, et d’acteur incontournable dans les affaires du monde. Dans les salons discrets de la tour Newyorkaise de l’ONU, la diplomatie russe demande une résolution plus équilibrée et avance son imparable question : qu’avez-vous prévu pour l’Après ? Allons nous retrouver une situation pareille à celle que nous constatons en Libye ou encore en Irak ? Une insécurité permanente, le massacre des minorités et la lutte sans merci des différentes sectes religieuses ?

2012-02-09T174557Z_1_APAE8181DCN00_RTROPTP_3_OFRTP-SYRIE-HOMS-20120209Il faut, en effet, s’y arrêter un moment et réfléchir à la façon dont vont être protéger les minorités alaouites, chrétiennes, kurdes, druzes et arméniennes. Des pancartes brandies par certains manifestants, ne disaient-elles pas : « Assad et les alaouites au cercueil, les chrétiens à Beyrouth ». Cette inquiétude ne doit pas nous faire oublier, que le pouvoir d’Assad, tire au canon sur des quartiers de la ville de Homs et d’ailleurs. La communauté internationale se doit d’y mettre le Holà. Pendant que l’Occident se concerte avec les membres de la ligue arabe, la Russie place ses conseillers militaires, dans les différentes parties de l’armée syrienne, et livre des missiles sol-air à Assad, en prévision des possibles bombardements de l’Otan.

On est en pleine guerre froide, et on ne peut s’empêcher de penser à la crise des missiles à Cuba, ou encore à l’Afghanistan, du temps de l’URSS. La situation syrienne pousse à la formation d’un front arabo-occidental. Union européenne, Etats-Unis, Ligue arabe, d’un côté, face à une Russie, qui n’entend pas céder à ce qu’elle appelle : une ingérence illégitime et inutile. C’est à ce bras de fer, que nous assistons aujourd’hui. Il faut espérer que le droit du peuple syrien à la liberté et la démocratie, triomphera dans le respect des minorités.