Chronique Politique du Vendredi Matin dans les Matins Luxe sur Luxe Radio


La France vient de perdre sa note AAA chez la société de notation Standard and Poor’s et la conserve chez Moody’s et Fitch. Au delà de la situation économique de la France, c’est la politique européenne qu’on veut sanctionner... L’agence Standard and Poor’s  justifie, dans son commentaire accompagnant l’annonce, la dégradation de la note française par, je cite : «l’aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro à laquelle la France est étroitement liée. » et de poursuivre : « la note de la France continue de refléter son économie saine, diversifiée et solide dont la main-d’œuvre est hautement qualifiée et productive. » fin de citation. Apparemment, c’est la zone euro qui est visée et l’Union européenne qui est attaquée. Il est clair que ce n’est pas seulement des critères économiques qui ont été retenus, mais également, des considérations politiques.

triple-A-France-©-Onidji-FotoliaLes anglo-Saxons sont accusés par certains responsables patronaux et des opérateurs en Europe, de comploter contre l’euro. Sans aller jusque là, on ne peut pas s’empêcher de constater que les ennuis de l’euro ont commencé après la déclaration de la Chine, d’envisager de  diversifier ses réserves, pour le moment essentiellement en dollars, en y introduisant l’euro. C’est vrai également, que les banques anglo-saxonnes pourraient voir dans les difficultés de la zone et de ses banques, une opportunité de gagner des parts de marché. Certains observateurs soulignent que les Américains ont un besoin pressant, d’une perte de crédibilité de l’euro. Surendetté, avec une crise économique qui dure, le pays fait tout pour que les investisseurs continuent à acheter sa dette. Pour cela il faut qu’il n’y ai pas de substitut crédible au dollar.

Le plan de sortie de crise, pour la zone euro, défendue par le président français, Nicolas Sarkozy, prévoit, entres autres dispositions, le renforcement du Fond européen de stabilité financière. Des déclarations de la Chine, on retient qu’elle serait prête à soutenir l’Europe et l’euro. Qu’elle pourrait participer au renforcement du Fond européen, par un montant allant jusqu'à plus de 100 milliards de dollars. Mais à qu’elles conditions ? A quel prix pour l’Union ? Il est indubitable que si la Chine soutient l’Europe, elle attendra plus de compréhension de ses intérêts et moins de critiques sur ses manquements aux droits de l’Homme. Elle voudra également, sur le volet de la faisabilité, être sûr que le fonctionnement du Fond sera efficace et utile pour aider l’Union européenne à maîtriser la situation. Pékin voudra être sur que les mécanismes seront opérationnels, et c’est bien naturel de la part d’un futur créancier de plus de 100 milliards de dollars.

Par contre, le fait que la Chine investisse dans la dette européenne, l’amènerait automatiquement à moins investir dans la dette américaine. C’est, pour l’heure, ce que Washington voudrait éviter. Si la Chine participe activement au sauvetage de la zone euro, cela marquera un tournant dans les relations internationales et installera l’Empire du Milieu parmi les grands acteurs des affaires du Monde.