Chronique Politique du Vendredi Matin dans les Matins Luxe sur Luxe Radio


Le scrutin du vendredi 25 novembre a rendu son verdict. Les urnes ont donné la priorité au PJD, le parti de la lampe, surement pas celle d’Aladin. Et pourtant, il en aurait bien besoin, pour répondre aux attentes des marocains, des religieux mais aussi des laïcs, des jeunes et des moins jeunes, des réformistes et des conservateurs. Car le Maroc est tout cela, et bien plus.

PJD-MarocConscient des paris imposés par la mondialisation, il se veut ouvert et pragmatique. Oui aux réformes, oui à plus de démocratie, oui à l’égalité des genres, mais à son rythme et dans le respect du passé. Le Maroc est un pays où la tolérance et le bien vivre ensemble ne sont pas des vains mots. Le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, et l’œcuménisme fait partie de la vie de tous les jours. Les hommes du parti de la lampe, nouveaux venus dans les couloirs du pouvoir, ne doivent à aucun moment l’oublier.

 Le jeu démocratique leur a donné la lourde tâche de gouverner le pays, mais ils doivent garder en mémoire qu’ils ne représentent que 8% du corps électoral avec une majorité silencieuse importante. S’ils représentent 25% des élus au parlement, 75% sont d’une autre doctrine partisane. S’ils ont réunis sur leur nom plus d’un million d’électeurs, 12 millions ne l’ont pas fait et plus de 10 millions en âge de voter se sont désintéressé de la chose publique.

Les défis ne manquent pas :

  • Maitriser autant se faire se peut les effets de la crise qui frappe les pays développés et les autres,
  • du statut avancé avec l’Union européenne, en faire un succès.
  • A l’intérieur, maitriser le chômage, spécialement celui qui frappe les jeunes et les diplômés,
  • Réformer l’éducation nationale, attirer les investisseurs et j’en passe.

Mais les hommes du PJD ont à mes yeux la qualité d’être des hommes nouveaux, vierges de toute bavure politique, avec des illusions qui parfois donnent l’audace de faire et de bien faire. Ils ont un référent : l’Islam, mais la Constitution ne déclare-t-elle pas que la religion de l’Etat est l’Islam ? Dans le respect des autres religions dont le Commandeur des croyants est le garant. Le PJD est condamné à gouverner au centre, à donner des gages à l’intérieur à ceux qui doutent et à l’extérieur à ceux qui peuvent permettre le progrès économique du pays.

90% de ses élus ont le Bac+4, donc des intellectuels ouverts à l’analyse, à l’autocritique et à l’écoute. Il faut espérer que la coalition qui s’impose, ne sera pas trop hétéroclite, et que ce parti vainqueur,  saura intégrer les vérités du Maroc pluriel, toutes ses vérités.